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Montmorency - đŸŒČ La forĂȘt de Montmorency en crise sanitaire đŸŒČ

Publié le 10/03/2021

Alors que la forĂȘt de Montmorency est en crise sanitaire, les Ă©quipes de l’Office national des forĂȘts mobilisent de nouvelles techniques et des mĂ©thodes volontaristes pour faire face aux enjeux de la situation. Tout en renouvelant leur confiance en la nature, ils rĂ©pondent aux interrogations de certains Ă©lus en prĂ©cisant les rĂ©flexions et engagements qui ont conduit aux actions dĂ©ployĂ©es pour assurer le futur d’une forĂȘt renouvelĂ©e, rĂ©siliente, prĂ©cieuse alliĂ©e contre le rĂ©chauffement climatique.

Une émotion partagée

Malade de l’encre, la forĂȘt de Montmorency souffre. Le public s’émeut des coupes nombreuses que la maladie rend nĂ©cessaire. C’est comprĂ©hensible lorsque les paysages familiers changent si rapidement, si radicalement. Pour tous les forestiers, adeptes du temps long nĂ©cessaire Ă  la croissance d’une forĂȘt et des arbres qui la composent, c’est une souffrance aussi. « Ça fait plus de 35 ans que je m’occupe de cette forĂȘt au quotidien, je n’imaginais pas qu’elle puisse mourir ainsi sur d’aussi vastes surfaces », tĂ©moigne Denis Hemmer, technicien forestier de la forĂȘt domaniale de Montmorency depuis 1983. Enfin l’institution elle-mĂȘme souffre de cette situation, qui ne rapporte rien au regard des coĂ»ts et des investissements considĂ©rables qu’elle engendre, indispensables Ă  la reconstitution de la forĂȘt.

Dans le traitement de cette crise, l’ONF a pu s’appuyer sur des techniques prĂ©cises mĂȘlant imagerie satellitaire et intelligence artificielle. Les Ă©quipes ont Ă©galement fait le choix entre trois scĂ©narios possibles.

Une aide nouvelle pour les forestiers : la technologie spatiale

C’est un projet inĂ©dit en France, basĂ© sur l’interprĂ©tation de photos prises par satellite. Cette interprĂ©tation rĂ©alisĂ©e grĂące Ă  l’intelligence artificielle permet aux forestiers de faire un Ă©tat des lieux prĂ©cis de l’état sanitaire des peuplements de chĂątaigniers malades de l’encre en Île-de-France. Initialement dĂ©veloppĂ© pour la forĂȘt domaniale de Montmorency, ce projet dont la mĂ©thode vient d’ĂȘtre Ă©prouvĂ©e sera Ă©tendu Ă  la rĂ©gion francilienne, en lien avec l’ampleur rĂ©gionale que prend ce phĂ©nomĂšne. 

GrĂące aux donnĂ©es gĂ©olocalisĂ©es, chiffrĂ©es « nos actions sont planifiĂ©es au plus juste, au plus prĂšs » prĂ©cise Michel BĂ©al, directeur ONF Île-de-France Ouest.

La maladie de l’encre, quĂ©saco ?

La situation est aujourd’hui bien connue : identifiĂ© depuis de nombreuses annĂ©es par les scientifiques de l’INRAE (Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement), il s’agit d’un pathogĂšne microscopique (Phytophthora cinnamomi) prĂ©sent dans la terre, qui se propage d’arbre en arbre dans l’eau du sol. FavorisĂ© par les changements climatiques, il se dĂ©veloppe dans les racines des chĂątaigniers, s’en nourrit, ce qui provoque leurs nĂ©croses. Avec un systĂšme racinaire dĂ©faillant et des Ă©pisodes de sĂ©cheresses estivales, les chĂątaigniers ont de plus en plus de mal Ă  s’alimenter en eau ce qui entraĂźne leur dĂ©clin puis rapidement leur mort. Il n’existe, Ă  ce jour, aucun remĂšde connu.

De la passivité au volontarisme

Forts des donnĂ©es recueillies et de l’expĂ©rience acquise lors d’autres Ă©vĂ©nements d’ampleur comme la tempĂȘte de 1999, « nous avons imaginĂ© 3 parcours possibles jusqu’à un horizon proche, disons 2030 », raconte Michel BĂ©al.

  1. Premier scĂ©nario, le laisser-faire : propagation de la maladie, disparition des chĂątaigniers, chutes d’arbres et chablis, accroissement de la dangerositĂ© de la forĂȘt la plus visitĂ©e du Val d’Oise... Rapidement, la forĂȘt devient infrĂ©quentable. Par dĂ©cision des pouvoirs publics, son accĂšs est interdit, comme 5 forĂȘts domaniales du Pas-de-Calais l’ont Ă©tĂ© en 2016 Ă  cause de la chalarose du frĂȘne, le temps de sĂ©curiser les lieux. Ce scĂ©nario n’a pas Ă©tĂ© retenu mais sera visible Ă  Montmorency sur les ilots tĂ©moins qui seront crĂ©Ă©s Ă  titre expĂ©rimental et pĂ©dagogique et oĂč on laissera mourir les arbres. Des panneaux d’information et d’interdiction de pĂ©nĂ©trer seront prochainement disposĂ©s Ă  proximitĂ©.
  2. DeuxiĂšme scĂ©nario, l’intervention molle : des passages rĂ©pĂ©tĂ©s au coup par coup pour enlever les arbres Ă  un stade si avancĂ© de la maladie qu’on ne peut plus les laisser en place. RĂ©sultat : des interventions si frĂ©quentes sur le mĂȘme lieu que la nature sera sans cesse bousculĂ©e, la faune dĂ©rangĂ©e en permanence, sans pĂ©riode de repos. « C’est le scĂ©nario de la faiblesse, du manque de clairvoyance et de courage, oĂč on agit toujours avec un temps de retard ; ce n’est pas non plus le scĂ©nario choisi. », tranche Michel BĂ©al.
  3. TroisiĂšme scĂ©nario, l’intervention rĂ©solue, volontariste pour reconstituer la forĂȘt. C’est le scĂ©nario retenu : des coupes rapides sur de vastes surfaces et des plantations massives, qui permet ensuite de disposer du temps de la tranquillitĂ© et de la guĂ©rison. Par ce choix, l’ONF s’expose au moment des coupes et des plantations Ă  la critique et aux incomprĂ©hensions du public.

Une nouvelle page pour la forĂȘt de Montmorency 

Cette derniĂšre option a aussi Ă©tĂ© retenue parce que les Ă©quipes de l’ONF croient en la rĂ©silience de la nature. « Cette forĂȘt, nous l’aidons, parce que nous avons confiance en elle », prĂ©cise Michel BĂ©al, qui ajoute que « cette confiance est telle que nous investissons Ă  perte aujourd’hui dans cette forĂȘt ». En effet, le coĂ»t des travaux de reconstitution est bien supĂ©rieur aux ventes des bois malades. En remplacement des 500 hectares de forĂȘt malade, un demi-million d’arbres seront plantĂ©s en quelques annĂ©es reprĂ©sentant sept millions d’euros de travaux. À un horizon de 10 ans, les plants d’essences variĂ©es mis en terre, dont l’ONF accompagnera le dĂ©veloppement, donneront naissance Ă  une jeune forĂȘt de prĂšs de 10 mĂštres de haut, vigoureuse et pleine d’avenir. L’ancienne chĂątaigneraie deviendra une forĂȘt diversifiĂ©e.

De nombreuses essences ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es par les forestiers : chĂȘne sessile (en essence socle) mais aussi alisier torminal, merisier, sorbier des oiseleurs, cormier, chĂȘne pubescent, tilleul Ă  petites feuilles, Ă©rable plane, Ă©rable champĂȘtre, pin laricio
 Les mĂ©langes, 3 essences au minimum par opĂ©ration de plantation, vont constituer demain une forĂȘt plus rĂ©siliente que celle d’aujourd’hui. La richesse des interactions entre espĂšces la rendra plus forte et moins fragile aux impacts du changement climatique.

« Les impacts du changement climatique sont plus forts que prĂ©vus et c’est pour cela que nous intervenons : pour accĂ©lĂ©rer la reconstitution de la forĂȘt de Montmorency et renforcer dĂšs maintenant sa rĂ©silience pour l’avenir », conclut Michel BĂ©al. « Nous croyons en la nature. Nous croyons aussi que dans ces circonstances exceptionnelles il est de notre devoir de l’aider ».

Info - Reconstruction de la forĂȘt domaniale de Montmorency

Poids : 1,70 Mo
Format : PDF

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