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Contourner une agence immobilière après une visite : ce que l’arrêt du 7 mai 2026 change vraiment

Publié le 27/05/2026
150 000 € réclamés à un couple qui n’avait signé aucun contrat avec l’agence : l’arrêt du 7 mai 2026 précise les règles du contournement d’agence immobilière. Décryptage pour les professionnels de l’immobilier, les vendeurs et les acquéreurs.

Pendant longtemps, beaucoup d’acquéreurs pensaient qu’il suffisait de “reprendre contact directement” avec un vendeur après une visite pour éviter les honoraires d’agence. L’arrêt rendu par la Cour de cassation le 7 mai 2026 vient rappeler une réalité juridique simple : lorsqu’une agence a joué un rôle déterminant dans la mise en relation, l’évincer volontairement peut coûter très cher.

Dans cette affaire, des acquéreurs avaient visité une propriété par l’intermédiaire d’une agence avant de conclure la vente directement avec le vendeur quelques semaines plus tard. Résultat : l’agence a réclamé l’équivalent de la commission perdue, soit 150 000 euros. La Cour de cassation a confirmé que l’acquéreur pouvait engager sa responsabilité délictuelle lorsqu’il participe à des manœuvres destinées à priver volontairement l’agent immobilier de sa rémunération.

Une décision importante pour les professionnels

Cette décision ne crée pas un “droit automatique” à commission contre l’acheteur. La Cour rappelle au contraire un principe connu : un acquéreur n’est pas partie au mandat signé entre le vendeur et l’agence. Mais elle confirme qu’un comportement frauduleux peut engager sa responsabilité civile.

Autrement dit, ce n’est pas la simple visite qui est sanctionnée. Ce sont les manœuvres destinées à effacer artificiellement l’intervention de l’agence alors même que celle-ci a permis la rencontre entre vendeur et acquéreur.

Ce que les juges regardent désormais de près

L’intérêt majeur de l’arrêt du 7 mai 2026 est qu’il précise les éléments retenus par les juges pour caractériser une fraude. Plusieurs indices ont été relevés dans cette affaire :

  • la connaissance du droit à rémunération de l’agence ;
  • le délai très court entre la visite et la vente directe ;
  • des échanges montrant une volonté d’écarter l’intermédiaire ;
  • des clauses contractuelles révélant l’anticipation d’un risque de poursuite.

La Cour adopte donc une approche globale : ce n’est pas un seul élément isolé qui entraîne la condamnation, mais un faisceau d’indices démontrant une volonté délibérée d’évincer le professionnel.

 

Une jurisprudence qui renforce la protection des agences

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence de 2008, mais elle apporte davantage de lisibilité aux professionnels confrontés à des contournements après visite.

Pour les agences immobilières, le message est clair : lorsqu’un intermédiaire démontre qu’il a effectivement présenté le bien et permis la rencontre des parties, il dispose aujourd’hui d’un socle jurisprudentiel solide pour défendre sa rémunération en cas d’éviction frauduleuse.

Sources : https://www.mysweetimmo.com/2026/05/14/contourner-une-agence-immobiliere-apres-une-visite-pourquoi-larret-du-7-mai-2026-peut-couter-cher/

 

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